Fracture de la branche ischio-pubienne : traitement et marche

Mid-aged person doing leg exercise with resistance band, guided by therapist in a bright, modern PT clinic.

Une fracture des branches ilio-pubienne ou ischio-pubienne touche l’avant du bassin. Son traitement dépend surtout de la stabilité de l’anneau pelvien, du déplacement et d’éventuelles lésions associées. Une fracture isolée, stable et bien alignée est souvent prise en charge sans opération. La marche et l’appui restent adaptés à l’évaluation du médecin et du kinésithérapeute. [1] [3]

Anatomie et stabilité

Où se situe la cassure

Le bassin est un anneau : sacrum, coccyx et os de la hanche. Chez l’adulte, chaque os de la hanche réunit l’ilium, l’ischion et le pubis, séparés dans l’enfance puis fusionnés, jusqu’au cotyle qui reçoit la tête du fémur. Des ligaments le relient au sacrum. Nerfs, vaisseaux, une partie de l’intestin, la vessie et les organes reproducteurs traversent cet anneau, que le bassin protège et qui ancre les muscles de la hanche, de la cuisse et de l’abdomen (AAOS OrthoInfo). Une douleur de l’aine ou du pubis après une chute, surtout si poser le pied devient pénible, doit être examinée. Elle ne nomme pas la lésion.

Stable ou instable

Une cassure en un point s’accompagne souvent d’une autre lésion osseuse ou ligamentaire (AAOS) :

  • stable : souvent une seule interruption, fragments alignés ou très peu déplacés. L’AAOS y range l’aile iliaque, une fracture incomplète du sacrum et les branches pubiennes isolées. Les chocs de faible énergie sont souvent stables ;
  • instable : en général au moins deux interruptions, avec déplacement — compression d’avant en arrière, compression latérale ou cisaillement vertical.

Une fracture visible à l’avant du bassin ne permet pas, à elle seule, d’affirmer que tout l’anneau est stable. L’examen et les images recherchent notamment une atteinte associée du sacrum ou des ligaments. Le contexte d’une chute de sa hauteur chez une personne ayant une fragilité osseuse diffère de celui d’un accident violent ; la prise en charge ne peut pas être déduite du seul nom de la branche cassée. [1]

À lire aussi :  Glaucome et soleil

Traitement sans opération

Une fracture stable, peu ou pas déplacée, peut se traiter sans chirurgie. C’est le cas habituel d’une branche restée alignée. Avec l’ostéoporose, une chute de sa hauteur, parfois un choc minime, peut suffire. Ces fractures sont le plus souvent stables, mais certaines sont instables ou très douloureuses : une opération est alors parfois proposée (AAOS).

L’appui est une prescription — aucun, limité ou libre — fixée par le médecin qui a vu les images. Le kinésithérapeute montre comment la respecter, avec béquilles ou déambulateur si besoin (Frimley Health NHS). Marcher tôt peut être encouragé si la personne va assez bien et si l’appui prescrit le permet. L’alitement prolongé n’est pas le traitement par défaut.

La douleur augmente souvent au mouvement. Antalgiques et, s’il est prescrit, anticoagulant suivent l’ordonnance (AAOS). Six à huit semaines est un ordre de grandeur pour une branche alignée sans opération, parfois plus (Frimley Health NHS). Ce n’est pas la date de la marche sans aide. Pour d’autres fractures sans chirurgie, l’aide de marche peut durer jusqu’à trois mois (AAOS).

Stabilisation chirurgicale

Une fracture instable ou très déplacée, surtout après collision, écrasement ou chute de hauteur, peut saigner et léser les organes. L’urgence est de maintenir les fonctions vitales. Selon le déplacement, on pose un fixateur externe, une traction, ou des plaques et des vis. Le fixateur peut être temporaire ou gardé jusqu’à consolidation (AAOS). Une fracture ouverte expose à l’infection.

Urgences et diagnostics voisins

  • Choc violent avec saignement important ou signes de choc : 15 ou 112 (signes de gravité : AAOS ; numéros français : Service Public).
  • Impossibilité nouvelle d’uriner ou sang dans les urines après le traumatisme : avis médical urgent. Le risque urétral est plus élevé si la fracture est instable, surtout avec des branches ischio-pubiennes touchées des deux côtés et une disjonction sacro-iliaque. Des lésions de vessie sont aussi décrites (RFE SFAR-SFMU, 2017).
  • Faiblesse nouvelle d’une jambe ou perte de sensibilité : évaluation urgente. L’examen neurologique contrôle notamment les mouvements de la cheville et des orteils, ainsi que la sensibilité sous le pied (AAOS).
  • Incontinence apparue après le traumatisme : signalez-la immédiatement. Des troubles sexuels nouveaux doivent également être rapportés au médecin ; une lésion nerveuse ou d’organe peut nécessiter une prise en charge (AAOS).
À lire aussi :  Talalgie en couronne : comprendre et soulager vos douleurs

Une fêlure du sacrum touche un autre os du même anneau : les deux peuvent coexister. Un arrachement chez l’adolescent sportif n’instabilise en général ni le bassin ni les organes (AAOS).

Des radiographies sont nécessaires. Un scanner précise souvent le trait et les lésions associées. L’IRM est rarement le premier examen : elle sert si la fracture reste suspectée alors que radio et scanner ne la montrent pas (AAOS).

Rééducation selon l’évaluation

La kinésithérapie aide à respecter l’appui prescrit puis à retrouver mobilité et force. Après une chirurgie du bassin, le lever peut être précoce avec des restrictions d’appui. La durée des aides de marche et l’autorisation d’un appui complet dépendent de la gravité et de la consolidation ; ces consignes ne se transposent pas automatiquement à une branche isolée non opérée (AAOS).

Les fractures stables consolident en général bien. Après un choc à haute énergie, une boiterie peut durer des mois si les muscles sont lésés ; leur force peut revenir en un an (AAOS). Escaliers, conduite et sport attendent l’évaluation de la douleur, de l’appui et de la force.

Préparer le retour à domicile

Avant la sortie, faites préciser les déplacements autorisés, l’aide de marche à utiliser et la conduite à tenir si la douleur n’est pas contrôlée. Si votre logement comporte des escaliers, l’équipe peut vous aider à les travailler et à organiser les aides nécessaires. Après une chute sur os fragile, le risque de nouvelles chutes et d’ostéoporose mérite aussi une évaluation. [3]

Sources

  1. Pelvic Fractures, OrthoInfo, American Academy of Orthopaedic Surgeons. Consulté le 27 septembre 2026.
  2. Prise en charge des traumatismes pelviens graves à la phase précoce (24 premières heures), recommandations formalisées d’experts SFAR-SFMU, validées le 29 juin 2017.
  3. Pubic Rami Fracture, Frimley Health NHS Foundation Trust, fiche patient sur la prise en charge des fractures des branches pubiennes.
À lire aussi :  Traitement enzyme foie : protocole de régénération

En savoir plus

Illustration éditoriale pour l’article « Douleur au bas ventre droit et toux : causes et solutions »

Douleur au bas ventre droit et toux : causes et solutions

L’essentiel à retenir : la toux provoque une surpression abdominale brutale, pouvant atteindre 300 mmHg, ce qui révèle souvent une simple fatigue musculaire ou ...
Illustration éditoriale pour l’article « Peut-on mourir avec un pacemaker et quel est son rôle »

Peut-on mourir avec un pacemaker et quel est son rôle ?

L’essentiel à retenir : le pacemaker régule efficacement votre rythme électrique, mais il ne protège pas contre les défaillances mécaniques comme l’infarctus ou les ...
Illustration éditoriale pour l’article « Pourquoi vos pieds brûlent la nuit et comment vous soulager »

Pourquoi vos pieds brûlent la nuit et comment vous soulager

L’essentiel à retenir : la sensation de pieds brûlants nocturne signale souvent une neuropathie périphérique, liée au diabète ou à des carences en vitamines ...

Laisser un commentaire

Utiliser nos outils gratuits

Simples, gratuits, venez découvrir nos outils qui vous apporterons un petit coup de pouce à votre santé ; )