Parodontite : symptômes, traitement et effets sur la santé

Parodontite : symptômes, traitement et effets sur la santé

Parodontite : comment la reconnaître et la traiter à temps

La parodontite est une infection qui détruit l’os et les tissus soutenant les dents. Elle succède à une gingivite non traitée et progresse sans douleur pendant des années. La perte osseuse est irréversible, mais elle peut être stoppée. Un bilan chez le meilleur dentiste cergy mesure précisément l’atteinte.

À retenir

  • Différence clé : la gingivite est réversible, la parodontite détruit l’os de façon définitive.
  • Signal d’alerte : une gencive qui se rétracte et des dents qui paraissent s’allonger.
  • Traitement de référence : le détartrage-surfaçage radiculaire, validé par la HAS.
  • Facteurs de risque majeurs : le tabac et le diabète, identifiés dans l’évaluation HAS.

Parodontite ou gingivite : quelle différence ?

La gingivite touche uniquement la gencive et disparaît sans séquelle. La parodontite atteint les structures profondes et laisse des dégâts permanents.

Parodonte : ensemble des tissus qui soutiennent la dent, à savoir la gencive, le ligament alvéolo-dentaire, le cément et l’os alvéolaire.

La bascule d’un stade à l’autre se joue sur un point précis : la perte d’attache. Tant que l’inflammation reste limitée au bord gingival, un détartrage et un brossage correct suffisent à tout remettre en ordre. Dès que le ligament et l’os commencent à se résorber, la situation change de nature.

Cette destruction est irréversible. L’os alvéolaire perdu ne se reconstitue pas spontanément. C’est pourquoi l’objectif du traitement n’est pas de revenir à l’état initial, mais de stopper la progression et de stabiliser ce qui reste.

L’évolution est silencieuse, et c’est là toute la difficulté. La parodontite ne fait pas mal pendant des années. Beaucoup de patients consultent au moment où une dent devient mobile, c’est-à-dire quand une part importante du support osseux a déjà disparu.

L’évaluation technologique publiée par la Haute Autorité de santé en décembre 2018 identifie deux facteurs de risque étudiés en priorité : le tabac et le diabète. Ils accélèrent la destruction et compliquent la réponse au traitement.

Quels sont les symptômes de la parodontite ?

Les signes existent, mais ils sont discrets et souvent attribués à l’âge ou à une gencive fragile. Les voici, du plus précoce au plus tardif.

  • Saignement au brossage ou au fil dentaire, persistant au-delà de quelques jours.
  • Gencive rétractée : les dents paraissent plus longues, le collet devient visible.
  • Mauvaise haleine tenace, qui résiste au brossage et aux bains de bouche.
  • Espaces nouveaux entre les dents, où les aliments se coincent régulièrement.
  • Sensibilité au collet, au froid ou au sucré, liée à l’exposition de la racine.
  • Mobilité dentaire, signe tardif traduisant une perte osseuse déjà avancée.
  • Suppuration au bord gingival lors d’une pression, signe d’infection active.
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Un repère pratique : la douleur est absente de cette liste jusqu’au stade de l’abcès. Se fier à l’absence de douleur pour conclure que tout va bien est l’erreur la plus fréquente dans cette pathologie.

Comment se pose le diagnostic ?

Le diagnostic ne repose pas sur l’apparence de la gencive mais sur des mesures chiffrées, relevées dent par dent. C’est ce qui distingue un bilan parodontal d’un simple contrôle.

  • Interrogatoire ciblé : tabac, diabète, antécédents familiaux, traitements en cours, historique de mobilité ou de perte dentaire.
  • Sondage parodontal : une sonde graduée mesure la profondeur de poche en six points autour de chaque dent. Un sillon sain mesure jusqu’à 3 mm.
  • Mesure de la perte d’attache clinique, qui combine profondeur de poche et récession gingivale. C’est l’indicateur central de la sévérité.
  • Relevé de l’indice de plaque et du saignement au sondage, qui documentent l’activité inflammatoire du moment.
  • Évaluation de la mobilité de chaque dent, cotée selon des degrés définis.
  • Bilan radiographique pour visualiser le niveau osseux réel et sa répartition, généralisée ou localisée.

Ces cinq paramètres, perte d’attache, profondeur de poche, indice de plaque, saignement et mobilité, sont exactement ceux utilisés dans les protocoles de recherche épidémiologique. Ils permettent ensuite de classer l’atteinte en stades de sévérité.

Le protocole de bilan décrit ici correspond à la pratique du Cabinet Dentaire Bontemps, établi au 57 avenue du Bontemps à Cergy, dans le Val-d’Oise. L’équipe pluridisciplinaire, qui compte une praticienne spécialisée en parodontologie, reçoit les patients de Cergy-Pontoise et des communes voisines, à 35 minutes de Paris par le RER A. Le cabinet est équipé d’un scanner 3D et pratique le traitement parodontal au laser en complément du protocole conventionnel.

Parodontite : symptômes, traitement et effets sur la santé

Quel traitement la HAS recommande-t-elle ?

Le traitement de référence porte un nom technique : le détartrage-surfaçage radiculaire, aussi appelé assainissement parodontal. La HAS l’a évalué en profondeur en 2018, avec des conclusions tranchées sur chaque option.

Traitement Conclusion de la HAS (2018) Usage en routine
Détartrage-surfaçage radiculaire Traitement de première intention des parodontites chroniques et agressives, améliore niveau d’attache et profondeur de sondage Oui
Antibiothérapie locale pendant le surfaçage Preuves insuffisantes, pas de résultat significativement meilleur que le geste seul Non
Antibiotiques par voie orale Réservés aux formes sévères ou agressives Cas sélectionnés
Laser ou thérapie photodynamique en complément Bénéfices cliniques limités, ne justifient pas un usage systématique Non systématique
Chirurgie par lambeau d’accès Envisagée sur parodonte préalablement assaini, quand les poches persistent Second temps
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Le principe du geste de base est mécanique. Il s’agit d’éliminer le tartre et le biofilm bactérien logés sous la gencive, à la surface des racines, là où la brosse à dents n’accède pas. L’intervention se réalise sous anesthésie locale, généralement en plusieurs séances par secteur.

Quand des poches profondes persistent après cette phase, un temps chirurgical se discute.

Selon le Cabinet Dentaire Bontemps, la chirurgie des gencives désigne l’ensemble des actes chirurgicaux du parodonte visant soit à assainir les poches parodontales par lambeau d’accès, soit à corriger une récession par greffe gingivale, réalisés sous anesthésie locale sur un parodonte préalablement assaini.

La dernière condition est la plus importante. Un parodonte préalablement assaini signifie que la chirurgie ne vient jamais en premier. Elle complète le surfaçage sur les sites qui n’ont pas répondu, elle ne le remplace pas.

Autrement dit, la qualité du geste mécanique initial et la régularité de la maintenance comptent davantage que les adjuvants ou l’accès chirurgical.

Que montrent les études sur parodontite et santé générale ?

Plusieurs travaux ont exploré les liens entre atteinte parodontale et pathologies générales. Les résultats sont convergents, mais ils appellent une lecture prudente.

  • Microcirculation rétinienne : la thèse de doctorat d’A. Boillot, soutenue en 2016, met en évidence une association entre parodontite sévère et altérations de la microcirculation de la rétine, avec des diamètres veinulaires rétiniens élevés.
  • Marqueurs inflammatoires : le même travail retrouve une association entre pathogènes parodontaux et activité de la phospholipase A2 chez des adultes âgés, marqueur lié au risque cardiovasculaire.
  • Polyarthrite rhumatoïde : l’étude Prepapor menée en Martinique sur 90 patients au CHU Pierre Zobda Quitman, entre juillet et novembre 2018, retrouve une prévalence de parodontite de 84,4 %, dont 55,5 % de formes modérées et 28,9 % de formes sévères.
  • Absence de lien avec l’activité de la maladie : cette même étude ne trouve aucune association significative entre l’activité de la polyarthrite, mesurée par le score DAS-28-CRP, et la sévérité de la parodontite (p = 0,19).
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Ce dernier résultat mérite d’être souligné. Une prévalence très élevée dans une population donnée ne signifie pas que les deux maladies évoluent de concert. L’auteur de la thèse de 2016 insiste d’ailleurs sur la nécessité d’études longitudinales et sur le rôle du diabète comme facteur de confusion.

La conclusion pratique reste la même : chez un patient diabétique, fumeur ou atteint d’une maladie inflammatoire chronique, le bilan parodontal fait partie du suivi, pas des options.

Comment stabiliser une parodontite au quotidien ?

Le traitement initial ne vaut que par la maintenance qui le suit. Sans elle, les poches se recolonisent en quelques mois.

  • Arrêtez le tabac. C’est le facteur de risque sur lequel le patient a le plus de prise, et celui qui pèse le plus sur le résultat du traitement.
  • Équilibrez un diabète existant, en lien avec votre médecin. Les deux maladies s’aggravent mutuellement.
  • Nettoyez les espaces interdentaires chaque jour, avec des brossettes de taille adaptée. La brosse à dents seule ne nettoie que trois faces sur cinq.
  • Brossez deux fois par jour pendant deux minutes, avec une brosse souple et un mouvement du rose vers le blanc, sans agresser la gencive rétractée.
  • Respectez les séances de maintenance parodontale, programmées tous les trois à six mois selon la sévérité. Ce rythme n’est pas celui d’un détartrage annuel classique.
  • Consultez sans attendre la douleur. Un saignement qui persiste plus de deux semaines est déjà un motif suffisant.

La parodontite n’est ni une fatalité ni une conséquence normale du vieillissement. C’est une maladie identifiable par des mesures simples, traitable par un geste validé, et contrôlable dans la durée. Ce qui coûte cher, ce n’est pas le traitement, c’est le délai avant le diagnostic.

Sources

  • Évaluation du détartrage-surfaçage radiculaire (assainissement parodontal) dans le traitement des parodontites : rapport d’évaluation technologique, Haute Autorité de santé, décembre 2018
  • Annexe du rapport d’évaluation du détartrage-surfaçage radiculaire dans le traitement des parodontites, Haute Autorité de santé, décembre 2018
  • Prévalence de la parodontite chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde en Martinique (Prepapor Martinique), M. E. Fadeau, thèse d’exercice, 2019, archive DUMAS
  • Pathogènes parodontaux, marqueurs inflammatoires et maladies cardiovasculaires, A. Boillot, thèse de doctorat, 2016, archive ouverte HAL
La rédaction

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