Les points ST25, de chaque côté du nombril, et ST36, sous le genou, sont souvent cités en acupression pour l’inconfort digestif. Ils appartiennent à une pratique traditionnelle : leur stimulation ne garantit pas de dégonfler le ventre ni de traiter la cause des ballonnements. Une pression doit rester douce et non douloureuse ; un ventre très douloureux ou inhabituellement gonflé demande d’abord un avis médical.
Où sont les points d’acupression les plus cités pour des ballonnements ?
Les repères suivants décrivent les points présentés dans les pratiques d’acupression. Ils ne constituent pas un protocole de traitement des troubles digestifs. Le fait qu’un point porte un nom lié à l’estomac ou aux intestins ne prouve pas qu’il agit directement sur cet organe. [3]
ST25 ou Tianshu : de chaque côté du nombril
Ce point est présenté à droite et à gauche du nombril, à environ deux largeurs de doigt dans certaines descriptions simplifiées. Il s’agit d’un repère traditionnel approximatif, pas d’un endroit à rechercher en appuyant jusqu’à trouver une douleur. Ne pressez pas profondément l’abdomen et ne cherchez pas à « vider » les intestins par la force. [3]
Une zone abdominale douloureuse n’est pas un repère à rechercher. Si le toucher déclenche une douleur, arrêtez. Un massage n’identifie pas la cause du gonflement.
ST36 ou Zusanli : sous le genou, sur la jambe
Ce point distal est décrit sous la rotule, sur le versant extérieur du tibia. Les repères en largeurs de doigt varient dans les descriptions grand public. Ils ne justifient ni une pression maximale, ni l’utilisation d’une balle ou d’un accessoire pour forcer. Si vous souhaitez apprendre cette pratique, faites préciser le repérage plutôt que de chercher une zone douloureuse. [3]
Presser sous le genou n’établit pas la cause d’une constipation ou de ballonnements. Le point peut être présenté dans une routine de détente ; il ne remplace pas un traitement digestif prescrit.
Au-dessus et au-dessous du nombril : des points différents
Les noms CV12 ou Zhongwan, CV6 ou Qihai et RM9 ne sont pas interchangeables. Les deux premiers sont décrits respectivement au-dessus et au-dessous du nombril dans les présentations traditionnelles. Ne déplacez pas une consigne d’un point à un autre parce que les noms vous semblent proches. Un schéma simplifié ne permet pas de décider où appuyer en présence d’une douleur du haut ou du bas du ventre. [3]
Comment presser, combien de temps et à quel rythme ?
Si la gêne reste légère et que vous choisissez un toucher de détente, installez-vous confortablement, gardez les mains propres et une respiration normale. Le contact doit rester léger, sans enfoncer les doigts ni retenir votre souffle. Il n’est pas nécessaire de ressentir une douleur pour que le geste soit « réussi ». Arrêtez s’il augmente l’inconfort, provoque un malaise ou fait apparaître un symptôme nouveau.
Les durées d’une à deux minutes souvent proposées dans les présentations grand public ne sont pas une dose thérapeutique validée pour toutes les causes de ballonnements. Il n’y a pas de raison de prolonger ou de multiplier les pressions parce que le ventre ne dégonfle pas. Une routine répétée ne doit pas retarder la consultation si les troubles persistent.
En cas de grossesse, d’opération récente, de maladie digestive connue, de masse abdominale ou de douleur inexpliquée, demandez un avis avant un auto-massage. Ces situations ne se traitent pas en choisissant un autre point.
Acupression et ballonnements : que sait-on réellement ?
L’acupression consiste à exercer des pressions manuelles sur des points décrits par certaines pratiques traditionnelles. Elle se distingue de l’acupuncture, qui utilise des aiguilles, et d’un simple massage abdominal. Les explications fondées sur une circulation d’« énergie » appartiennent à un cadre traditionnel : elles ne constituent pas un mécanisme digestif établi.
Une revue systématique publiée en 2023 a regroupé 34 essais sur l’acupression auriculaire chez des adultes constipés. Les résultats suggéraient des bénéfices sur certains critères, mais la qualité globale des preuves était jugée faible à très faible. Surtout, ces travaux concernent la stimulation de l’oreille dans la constipation, pas une méthode universelle d’auto-massage du ventre.
On ne peut donc pas en déduire qu’un point abdominal « relance » instantanément le transit, évacue les gaz ou traite un syndrome de l’intestin irritable. Un moment de détente peut être agréable, mais ressentir un mieux-être n’identifie ni la cause du gonflement ni l’efficacité d’un traitement.
Pourquoi le ventre peut-il gonfler ?
Le NHS décrit plusieurs causes de ballonnements : gaz digestifs, air avalé pendant les repas, constipation, intolérance alimentaire, maladie cœliaque ou syndrome de l’intestin irritable. Certaines personnes remarquent aussi une variation autour des règles.
Le contexte aide à orienter la discussion avec un professionnel : apparition après un repas, modification du transit, médicaments récemment commencés, douleur associée ou symptômes répétés. Ce gonflement n’est pas automatiquement le signe d’un problème grave, mais il ne doit pas non plus être attribué d’emblée au stress ou à une « énergie bloquée ».
Quels gestes essayer lorsque la gêne reste légère ?
Pour des ballonnements occasionnels sans signe d’alerte, commencez par des changements simples et observez leur effet :
- Mangez plus lentement et évitez les repas très copieux si vous constatez qu’ils déclenchent la gêne.
- Réduisez les boissons gazeuses lorsqu’elles accentuent les symptômes.
- Maintenez une activité physique adaptée, par exemple une marche tranquille, si votre état le permet.
- En cas de constipation, demandez conseil sur les fibres, les boissons et les traitements utiles plutôt que de multiplier les remèdes.
- Notez les aliments associés à la gêne, sans supprimer arbitrairement plusieurs familles alimentaires.
Le NHS mentionne le massage abdominal parmi les gestes pouvant aider à évacuer des gaz. Cela ne valide pas les cartographies d’acupression ni une pression forte. Le geste doit rester léger et confortable ; arrêtez s’il provoque ou accentue une douleur. Un abdomen très douloureux ou récemment opéré, une grossesse ou une affection digestive connue justifient de demander un avis avant de commencer un auto-massage.
Quand faut-il consulter plutôt que masser ?
Prenez rendez-vous si les ballonnements deviennent fréquents, persistent malgré des adaptations simples, ou s’accompagnent d’une perte de poids involontaire ou de sang dans les selles. Un ventre gonflé accompagné de vomissements, d’une fièvre ou d’une masse abdominale demande un avis médical rapide. L’impossibilité d’uriner, d’aller à la selle ou d’émettre des gaz nécessite également un avis urgent. Un gonflement persistant ne doit pas être banalisé. [2]
En France, appelez le 15 ou le 112 si le ventre gonflé s’accompagne d’une douleur abdominale très intense apparue soudainement, de vomissements de sang ou d’une difficulté respiratoire sévère. Ne cherchez pas à « débloquer » le ventre par des pressions répétées en attendant.
Faut-il suivre une séance ou acheter des accessoires ?
Aucun accessoire n’est indispensable pour comprendre et prendre en charge des ballonnements. Si vous souhaitez essayer une pratique de détente, expliquez vos symptômes et vos antécédents au praticien. Refusez les promesses de guérison, l’arrêt d’un traitement prescrit ou un programme qui évite toute évaluation médicale.
Le bon objectif n’est pas d’obtenir un ventre plat à tout prix : c’est de retrouver du confort et de comprendre les symptômes. Lorsque les épisodes se répètent, une consultation apporte davantage qu’un protocole standard appliqué à tous.
Les points suffisent-ils pour les ballonnements après le repas ?
Non : le contexte du repas, l’air avalé, certains aliments et le transit intestinal sont des pistes à examiner. Distinguez ce que vous observez réellement : sensation de gonflement, gaz, constipation, douleurs abdominales ou gêne après certains repas. Ces informations seront utiles au professionnel de santé et évitent de tout attribuer au même « point bloqué ».
Le stress peut accompagner des troubles digestifs, sans expliquer à lui seul un ventre gonflé. Une pause ou un geste de détente ne doit pas devenir une obligation de se relaxer pour avoir droit à des soins. Si les épisodes reviennent, cherchez avec le médecin ce qui mérite une exploration plutôt qu’un protocole toujours plus long.
Comment distinguer une explication traditionnelle d’un trouble de la digestion ?
La médecine traditionnelle chinoise présente l’acupression dans un système de correspondances entre des points du corps, des méridiens et des fonctions. Elle utilise notamment les mots « stagnation » et « énergie ». Ce vocabulaire n’a pas le même sens qu’un diagnostic de maladie digestive. Parler de stagnation ne montre pas qu’un aliment reste bloqué ; un méridien traditionnel ne désigne pas une lésion d’un organe. Il serait trompeur de transformer ces images en résultats d’examen.
Cette différence compte lorsque l’on recherche un traitement. Une présentation de médecine chinoise peut proposer de stimuler des points pour favoriser la digestion. L’existence de cette tradition ne permet pas d’affirmer qu’elle modifie la production de gaz, traite une inflammation ou corrige une intolérance. Une amélioration ressentie après la séance reste une observation personnelle : elle ne suffit pas à établir le mécanisme ni l’efficacité pour une autre personne.
Ballonnements, constipation et diarrhées ne sont pas interchangeables
Décrivez votre gêne avant de choisir une méthode pour la soulager. Le volume visible de l’abdomen, la sensation de tension, des gaz et une modification des selles sont des informations différentes. Des troubles qui reviennent après la prise de certains aliments ne se résument pas forcément à une digestion « trop lente ». Les causes possibles décrites par le NHS comprennent notamment une intolérance, un transit difficile, une maladie cœliaque ou un syndrome de l’intestin irritable. [2]
Si vous avez aussi des diarrhées, signalez-les : un conseil visant seulement la constipation n’est pas automatiquement adapté à votre situation. Le système digestif ne se traite pas de façon identique dans toutes les situations. Pour une gêne chronique, un médecin peut examiner l’évolution, les douleurs abdominales et le transit intestinal, puis décider quels examens ou traitements ont une place. Ne concluez pas vous-même à une maladie à partir de la réaction à une pression.
Comment parler des séances au professionnel qui vous suit ?
Dites ce que vous faites concrètement : points utilisés, pression exercée, fréquence des séances et effet observé. Indiquez aussi vos traitements, y compris les produits pris sans ordonnance. Une prise en charge cohérente permet de distinguer un geste de détente d’un traitement médical. Demandez quels signes doivent faire arrêter et quand une absence d’amélioration nécessite une nouvelle consultation.
Le titre d’« expert », une formation ou un témoignage ne remplacent pas des preuves spécifiques au problème traité. Une recommandation de séances ne doit pas vous obliger à abandonner un soin efficace. Si un praticien promet de guérir tous les troubles digestifs, de nettoyer le foie ou de supprimer définitivement la gêne, demandez sur quelles données il s’appuie et parlez-en à votre médecin.
Une routine de confort sans pression excessive
La priorité est de ne pas aggraver les douleurs. Choisissez une position où l’abdomen est relâché, sans comprimer le ventre avec les vêtements. Une main posée légèrement et une respiration habituelle peuvent suffire à un moment de détente. Il n’est pas recommandé de chercher la pression la plus forte ni de travailler une zone sensible jusqu’à ce qu’elle cède. La douleur n’est pas un niveau d’efficacité à atteindre.
N’ajoutez pas de chaleur intense, de moxibustion, d’aiguilles ou d’accessoires pour reproduire seul une séance. Acupression, acupuncture et massage sont des pratiques distinctes ; leurs consignes ne se transfèrent pas automatiquement. Restez sur un geste confortable ou renoncez-y. Le traitement d’une affection ou d’une douleur abdominale inexpliquée n’est pas un travail d’auto-massage.
Observez aussi ce qui aide dans la journée : rythme des repas, alimentation, boissons gazeuses, activité adaptée et contexte d’apparition des symptômes. Évitez une restriction alimentaire excessive dans le seul but d’obtenir un ventre plat. L’objectif est un meilleur confort digestif et une alimentation supportable, pas la suppression arbitraire de tous les aliments associés à un épisode. [2]
Que noter avant une consultation pour des ballonnements répétés ?
Une courte description de vos symptômes est plus utile qu’un diagnostic de « stagnation » posé seul. Notez depuis quand le ventre gonfle, à quel moment de la journée, s’il existe un lien avec les repas, et si les selles ont changé. Mentionnez les épisodes de constipation ou de diarrhées, sans conclure vous-même à une maladie du système digestif. Ce suivi n’a pas à devenir un journal alimentaire exhaustif ou une source d’inquiétude supplémentaire.
Apportez la liste des médicaments et traitements complémentaires, ainsi que les changements récents d’alimentation. Distinguez une prise régulière d’un produit d’une utilisation occasionnelle. Le professionnel pourra examiner ces informations avec vos douleurs et votre état général, plutôt que d’attribuer automatiquement la gêne à une production excessive de gaz. [2]
À quels avis se fier pour choisir une prise en charge ?
Les témoignages de personnes soulagées peuvent donner envie d’essayer, mais ils ne montrent pas qu’un soin convient à tous. Les avis d’experts doivent préciser de quels troubles et de quelles techniques ils parlent. Une étude sur l’oreille dans la constipation ne répond pas à toutes les questions sur l’abdomen. Les preuves doivent rester spécifiques à la situation, même lorsque plusieurs experts partagent un avis.
En France, vous pouvez commencer par votre médecin traitant pour des symptômes persistants et demander au pharmacien un conseil sur un produit. Si un suivi ou un examen vous est recommandé, demandez-en l’objectif et le délai. Les explications d’un système traditionnel peuvent avoir une place culturelle, mais elles ne remplacent pas l’évaluation du système digestif ni les traitements nécessaires.
Sources
- Frontiers in Physiology : acupression auriculaire et constipation, revue systématique et méta-analyse, 2023.
- NHS : ballonnements, causes, conseils et signes d’alerte.
- Medicover : présentation traditionnelle de points d’acupression — utilisée pour les noms et repères décrits, pas comme preuve d’efficacité.




